Vanessa Guide: « Il faut aller au bout de ses rêves, je n’avais pas envie d’avoir des regrets »

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Paris 19ème – C’est à La Rotonde que nous rencontrons l’épicurienne Vanessa Guide. La jeune actrice qui s’était révélée au grand public dans la série « No Limit » de Luc Besson ou encore aux côtés de Monsieur Poulpe dans « Le Grand Journal » de Canal +, a accepté de se prêter au jeu de l’interview. Désormais, actrice sur le grand écran, elle a eu un premier rôle remarqué dans « Les nouvelles aventures d’Aladin » vu par plus de 5 millions de spectateurs. Cette Jasmine des temps modernes a réussi à se rendre indispensable au cinéma et c’est à l’affiche de « Going to Brazil », de Patrick Mille  que la comédienne continue son ascension. On le sait: c’est le nouveau visage des comédies françaises. L’occasion pour Les P’tits Parisiens de l’interroger et de découvrir que c’est une killeuse. 

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Vanessa Guide, je suis comédienne et j’habite à Paris dans le 11ème.

Le grand public ne le sait pas forcement mais tu as commencé par le théâtre.

Je suis tombée dedans par mon père, qui aurait aimé faire ce métier. Quand j’étais petite, il me lisait des Molière le dimanche. J’ai commencé le théâtre vers 13 ans et je n’ai jamais arrêté. Je suis originaire de Besançon. Je suis arrivée à Paris après le bac et j’ai continué les cours, avec un peu de théâtre pendant trois ans. J’ai eu ensuite l’opportunité de faire de la télé sur Canal+ et j’ai enchaîné plusieurs petits rôles dans les films…

L’envie de devenir comédienne est venue petit à petit ?

Je crois qu’à l’âge de six ans quand on m’a demandé ce que je voulais faire, je disais d’abord que je voulais être danseuse étoile. Après j’ai vite compris que ça n’allait pas être possible, du coup j’ai dû me rabattre sur autre chose. L’envie d’être comédienne est venue vite et ça ne m’a pas quitté depuis l’adolescence. Bêtement, j’ai eu 20/20 au bac en théâtre et c’est cette note qui m’a fait penser que j’avais quelque chose à tenter là-dedans. Ça m’a redonné confiance. Autre déclic: le film d’Amélie Poulain où je suis ressortie en larmes. J’ai dit à mon père que je voulais vraiment tenter ma chance et devenir comédienne. Ce film a été révélateur pour moi, il faut aller au bout de ses rêves, je n’avais pas envie d’avoir des regrets.

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Vanessa Guide par Édouard Richard pour Les P’tits Parisiens

Tu as été à l’affiche du carton Les nouvelles aventures d’Aladin aux côtés de Kev Adams, quel a été l’impact de ce rôle dans ta carrière ?

L’année où il est sorti et l’année qui a suivi, j’ai peut-être reçu 30 scénarios à lire: voilà la principale différence. Avant, je passais des castings. Là, subitement ça a changé. Ça fait que, d’un seul coup, les gens te font confiance et te disent que tu es capable de tenir un rôle principal dans leur film. Je me disais depuis longtemps que j’étais capable de le faire. Cependant, il faut la première personne qui te donne ta chance et dans mon cas c’est Arthur Benzaquen que j’avais rencontré dans la série Zak qui me l’a donnée.

Maintenant que tu as le choix comment sélectionnes-tu tes projets ?

À chaque fois, il faut que je lise le projet dans sa globalité. Il faut que l’histoire me plaise, que le personnage me plaise également. À chaque fois, c’est ce qui a été l’élément déclencheur. Ce qui m’intéresse, c’est de passer d’un univers à l’autre. Voilà, j’accepte les projets en fonction de ce que ça raconte et ce que moi je raconte à l’intérieur.

Les rôles s’enchainent pour toi au cinéma mais penses-tu toujours au théâtre ?

Comme j’ai passé beaucoup d’années au théâtre, quand je suis arrivée à Paris, je me suis dit : « si j’y retourne ce n’est pas pour faire une pièce qui me plait à moitié ». C’est très engageant et très prenant le théâtre. Il faut que tu aies envie de défendre la pièce et là, à priori, je vais sûrement y retourner…

Vanessa Guide par Édouard Richard pour Les P'tits Parisiens
Vanessa Guide par Édouard Richard pour Les P’tits Parisiens

Tu peux nous en dire plus ?

Si tout se passe bien c’est pour cette année avec une très belle pièce Il s’agit de quatre femmes en scène: trois sœurs et leur mère et si ça se fait, c’est génial.

Tu as du succès dans la comédie mais aimerais-tu sortir un peu de ce registre ?

J’ai commence au théâtre avec des rôles plutôt dramatiques. Je jouais souvent des écorchées vives. Comme on m’a connue à travers la comédie, les gens n’ont pas l’habitude de me voir ailleurs. Je ne vais pas me plaindre, mais si je pouvais avoir des propositions sur des thèmes différents, je serais contente. J’ai toujours eu envie de passer d’un rôle à l’autre, de la comédie à autre chose, ce que j’aime c’est varier les plaisirs.

Ton prochain film « Going To Brazil » sort cette semaine, on peut dire que c’est un Very Bad Trip féminin à la française ?

Le film n’est pas si évident à labéliser que ça. On y trouve à la fois une influence des comédies françaises des années 70, Le côté décalé et jusqu’au-boutiste de certaines comédies américaines, et puis une influence plus road movie ou western moderne, qui font de ce film un objet assez unique dans le paysage cinématographique français et c’est aussi pour ça que je l’aime particulièrement..

Peux-tu nous parler de ton rôle dans ce film?

Je joue le rôle de Katia, partie vivre au Brésil du jour au lendemain en plantant ses amies sans vergogne.C’est une fille assez égoïste et vénale. Elle va épouser un riche héritier brésilien, décide d’inviter ses copines à son mariage et elles viennent, mais rien ne va se passer comme prévu. Dans le film, je suis enceinte. J’ai tourné pendant deux mois avec un faux ventre. Mon rythme était donc décalé par rapport aux autres je n’avais pas la même facilité à me mouvoir, notamment pour courir… Mais ça apporte un comique de situation intéressant à jouer. Ce que je trouve touchant dans le film c’est qu’elles ont beau avoir chacune leur personnalité, leur trajectoire intime, leurs différences, elles restent, malgré tout, soudées dans l’adversité. Et c’est aussi ça l’amitié… .

Comment s’est passé le tournage au Brésil ?

Le tournage s’est très bien passé, mais c’était intense! On tournait six jours sur sept, on se levait souvent à 4 heures du matin. Et puis on va de tensions en tensions dans le film, nos personnages vivent un drame (même si le spectateur lui rit de ces situations) donc on a passé deux mois à tenir cette tension intérieure, ce n’était pas de tout repos, mais jouissif à jouer. Sinon on n’a pas tellement eu le temps de faire du tourisme non plus, mais grâce au tournage, on a eu accès à des lieux incroyables comme les favélas, c’était une chance de découvrir une partie du Brésil de cette façon. En immersion..

Vanessa Guide par Édouard Richard pour Les P'tits Parisiens
Vanessa Guide par Édouard Richard pour Les P’tits Parisiens

Après deux mois de tournage non-stop, tu as forcement des anecdotes…

Oui… Justement quand on était dans les favelas et qu’on a reconstitué les fêtes en plein air, il y avait effectivement beaucoup de drogues et armes. À un moment, il y a eu la police qui est arrivée avec les pistolets sortis et qui a menacé d’arrêter le tournage. On ne comprenait pas mais en fait le DJ disait au micro « nique la police, faites sortir untel de prison ». On a failli devoir arrêter le tournage à cause de ce mec, qui s’est un peu trop emballé. Il y a eu autre chose aussi. Au Brésil, il y a des insectes qu’on ne connait pas. On a eu plein de petites anecdotes liées à la fatigue, aux maladies. J’ai chopée une gastrite et des petits parasites.

Tu as fait des apparitions avec le Studio Bagel. Quel regard portes-tu sur cette génération de Youtubeurs ?

Je fais de temps en temps des apparitions dans les sketchs de Studio Bagel. Je pense qu’Internet leur a ouvert des portes. Ils se créent leur propre boulot et il y en a plein qui sont excellents. Ils n’attendent rien de personne, ils sont très productifs et dynamiques. Je suis assez proche d’eux car on est plus ou moins de la même génération. Ce n’est pas quelque chose que j’avais imaginé, le fait de faire des vidéos sur YouTube.

Quels sont tes projets à venir?

Arthur Benzaquen m’a proposé de tenir un petit rôle dans la prochaine série qu’il produit « Hollyweed ». En gros, c’est un bateau qui s’échoue sur une île, qui contient des tonnes de beuh et Les gens du village se demandent ce qu’ils vont en faire…C’est pour OCS et tous les personnages sont très hauts en couleur! Je joue également dans « Le Manoir » qui va sortir cet été, parodie de film d’horreur avec mes potes du Studio Bagel. Il y a aussi « Comme des garçons » le premier film de Julien Hallard sur la première équipe féminine de foot en France dans les années 60.J’ai dû apprendre à jouer au foot pour être un minimum crédible, et vu mon niveau de départ, il y a eu du taf!

Que représente Paris pour toi ?

Le boulot, les amis, ma vie est ici. Ça fait dix ans que j’y vis, j’ai mes repères, et en même temps, j’ai souvent envie de bouger, j’adore Los Angeles par exemple. Cependant, ce qui me manque c’est l’offre culturelle qui est un peu faible à L.A. comparé à Paris. Plus je voyage, plus j’apprécie d’être dans une ville avec une richesse culturelle. Après Paris, c’est aussi les Parisiens et notamment quand je rentre de voyage, je me dis « Oh les gens sont quand même bien tendax… ». Ils te bousculent et t’engueulent en plus. C’est cliché mais souvent avéré. Mais, je trouve que cela a changé depuis les attentats. Les gens sont plus attentifs les uns envers les autres, plus respectueux…mais bon le Parisien reste un peu grognon, et peut avoir envie d’écraser un piéton qui traverse au feu rouge, sinon c’est pas drôle !

Pour finir, quelles adresses nous conseilles-tu pour manger et boire un verre?

Je vais souvent au Klay, c’est parfait pour manger sainement ou prendre un verre après le sport,sinon j’aime bien La Rotonde, notamment l’été la terrasse est cool. Pour boire un verre en ce moment, j’aime bien aller à la  Maison Sage ,c’est un nouvel endroit vers République très sympa. Il y a un bar aussi que j’apprécie, c’est le Wood, dans le Marais. Pour manger je dirais chez Pierre Sang on Gambey, le midi c’est sympa c’est gastronomique et cela reste complètement abordable. Pour dîner, chez  Vivant  c’est vraiment bien et aussi une pizzeria qui s’appelle  Da Graziella  qui est top.

Propos recueillis par Marvin Jouglineu

Photos pour Les P’tits Parisiens: Édouard Richard

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Et si vous souhaitez voir Vanessa dans Going to Brazil, c’est par .

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