Portrait: Tewfik Jallab

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Actuellement à l’affiche du film Le Convoi, qui nous plonge dans l’univers des « go-fast », il y joue un trafiquant de drogues à l’air autoritaire. Tewfik Jellab a été révélé au grand public par Né quelque part en 2013. Lumières sur l’acteur versatile, son parcours et son amour pour Paris.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Tewfik Jellab: Tewfik Jallab, comédien , 34 ans, né à Argenteuil ! 

Le métier d’acteur a-t-il toujours été une passion pour toi ? 

Depuis tout petit je baigne dans le cinéma, non pas que ma famille soit du milieu mais presque: ma grand-mère était femme de ménage dans l’UGC de mon quartier, j’ai donc passé mes journées entières à traîner avec mon frère dans les méandres de ce cinéma. On a assisté aux essais des nouvelles bobines, on a aidé ma grand mère à faire le ménage dans les salles obscures.. J’ai une relation très particulière encore aujourd’hui lorsque je rentre dans un cinéma .

A l’instar de Simone De Beauvoir, on aimerait savoir si on naît comédien ou si on le devient ?

Aucune idée, une chose est sûre: pour moi c’est un métier que j’ai appris à l’école au sein du Conservatoire National puis à chaque nouveau projet. J’étais un enfant assez fougueux, le jeu a toujours été au centre de ma vie . 

Entre théâtre, petit écran et grand écran, as-tu un rythme choisi dans ces trois univers ou vas-tu au gré du vent ?

L’idéal selon moi, serait de faire un film et une pièce de théâtre par an, ce serait vraiment la vie parfaite, le reste du temps à voyager et rencontrer de nouvelles cultures .

De ta rencontre avec Jamel Debbouze a résulté deux films touchants et poignants : Né Quelque Part et La Marche. Comment a débuté l’aventure ?

Le hasard a bien fait les choses, je ne connaissais ni Jamel ni son entourage, j’ai passé de longues auditions pour ces deux films. La différence entre Né quelque part et La Marche, c’est que sur le deuxième Jamel est venu bien après que je sois confirmé dans le rôle, je vous le dis: le fruit du hasard !

Et que t’ont inspirées leurs histoires respectives?

Ces deux films ont une histoire pour moi très importante dans leurs questionnements sociologiques et identitaires. C’est drôle d’en parler aujourd’hui avec le contexte actuel entre la déchéance de nationalité et les scores historiques du FN… « Né quelque part » parle d’une génération qui a tendance à oublier ses origines, à passer par dessus les questions importantes que l’on devrait poser à ses parents ses grand-parents, et « La Marche » est tout simplement presque son opposé, la première génération d’immigrés qui crie son amour à la France dans un contexte de racisme ultra-violent dans les années 80… Un questionnement d’identité sous un angle différent.

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Le thriller Le Convoi est sorti en salles la semaine prochaine, on t’y retrouve à l’affiche aux côtés de Benoît Magimel. Peux-tu nous expliquer le synopsis ?

L’histoire d’un convoi de drogue filmé en huit clos, une vision de ces jeunes « voyous » sur un trajet très dangereux où ils risquent leurs vies pour une misère. Ils sont drôles, touchants et à la fois pathétiques. C’est un super film. C’est très rare de voir autant de nouveaux acteurs en même temps, avec des rôles aussi forts. Si vous êtes fatigués de voir toujours les mêmes tronches et que vous voulez kiffer pendant 1h30, foncez !

Peux-tu nous en dire un peu plus sur le rôle de ton personnage ? Te reconnais-tu en lui ?

C’est le leader du groupe avec Benoît Magimel… Sombre et autoritaire, il fait ce business avec ses amis d’enfance. S’il me ressemble ? Absolument pas. Il est même très loin de moi et le seul point commun que nous ayons ce sont des valeurs familiales, qui pour moi sont le centre de ma vie. 

Comment choisis-tu les rôles que tu interprètes ?

Disons que c’est plutôt eux qui me choisissent.  La lecture d’un scénario est l’étape la plus importante pour moi, elle passe au-dessus de ma rencontre avec le réalisateur… Même si dans le fond je me rends bien compte que ça a tendance à s’inverser avec le temps .

Des futurs projets pour cette année 2016 ?

« Lola Pater «  le prochain film de Nadir Mokneche avec Fanny Ardant. C’est un film sublime sur la relation paternelle que j’ai hâte de tourner.

Quelles sont les vibrations que t’apporte Paris ?

Je suis le plus chauvin des parisiens ! Je pense que c’est la plus belle ville du monde, que nous avons les plus belles femmes, les plus beaux monuments, les plus beaux métissages… Même si parfois elle me rend fou, d’où mon besoin de partir souvent pour mieux la retrouver.

Où aimes-tu manger, boire et flâner dans Paris?

Je suis très brasserie – Chez Prosper (Place de la Nation) – et street-food! Ma cantine c’était Le Petit Cambodge, en face de ma salle de boxe, un délice, j’espère qu’ils auront la force de ré-ouvrir après la tragédie du mois de novembre… Et un super restaurant-bar près de Bastille le Once Upon a Time tenu par mon ami d’enfance qui me fait office de bureau.

Propos recueillis par Les P’tits Parisiens

Pour suivre l’actualité de Tewfik c’est par .

Le Convoi, un fim de Frédéric Schoendoerffer avec Benoit Magimel, Reem Kherici, Tewfik Jallab et Foëd Amara – sortie en salles le 20 Janvier. Réservations par ici.

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