Jack le Black: « L’art est la seule chose qu’on ne considère pas comme vitale mais qui l’est pourtant. »

Jack le Black: « L’art est la seule chose qu’on ne considère pas comme vitale mais qui l’est pourtant. »

C’est entouré d’affiches et de dessins que Jack le Black nous accueille dans son jardin secret. DJ, poète et dessinateur, Jack le Black s’est fait connaître par ses Tee-shirts aux phrases percutantes et ses dessins alliant humour, espoir et revendication. Madison, de son vrai nom, a eu la gentillesse de nous livrer les dessous de son blase et de sa marque popularisée par Colette en 2013 et commercialisée depuis février par l’enseigne Undiz. Il exposera d’ailleurs sa nouvelle collection du 2 au 18 mai.

Peux-tu te présenter ?

Je me nomme Madison Attal, j’ai 30 ans. Je suis né en 1986, on est né loin des téléphones et tout ça. Mon premier téléphone était un 3310. Je suis un autodidacte qui suit ses pulsions et qui tente de les canaliser. Ce sont les gens qui ont fait de Jack le Black une petite entité parisienne. Ce n’est absolument pas moi, Jack le Black c’est surtout tout le monde.

© Alix Peyrot pour Les P’tits Parisiens

Raconte-nous ton parcours !

Mon parcours est celui d’un jeune homme qui essaie de prôner le libre arbitre dans une société où on ne choisit même pas notre prénom. Le libre arbitre qui s’offre à nous n’existe pas. On est élevé psychologiquement au même biberon. Tu vis dans un monde où tout est déjà établi. Et en fait mon parcours a justement été lié à une recherche de liberté, pour ne pas étouffer dans ce monde où finalement le voyage est le seul moyen de sentir libre. J’essaie de faire du graffiti et des choses qui peuvent toucher tout le monde. J’évite tout ce qui peut nuire à autrui. Je cherche à ce que mon travail soit par et pour le peuple.

On te connaît grâce à tes phrases dans Paris, comment est née cette idée?

Lorsque j’étais jeune, je composais et j’écrivais des textes de rap. J’enregistrais avec des gars qui pèsent aujourd’hui lourd dans le rap français. Je me suis un jour demandé ce que j’allais faire de tous ces textes. C’est de là que m’est venue l’idée d’en faire des Tee-shirts. J’ai tout d’abord galéré, c’était vraiment une catastrophe. Je me suis associé un moment donné avec un gars dans le Sentier. Il m’a volé la marque et il l’a même distribuée à Secret Story. Les candidats avaient tous ces tee-shirts en finale. Un soir vers cinq heures du matin, je tombe une rediffusion de cette émission, c’était tellement décevant. J’ai appelé un ami avocat, il a réussi à reprendre la marque. Pui j’ai relancé Jack le Black en 2012. Colette a commercialisé en 2013 trois ou quatre modèles pour faire connaître les Tee-shirts. J’écris des phrases sur les murs de Paris, et depuis tout le monde s’est mis à le faire. Je suis sûrement précurseur d’une tendance et aujourd’hui j’en suis plutôt fier.

© Alix P.
© Alix Peyrot pour Les P’tits Parisiens

Pour quelles raisons tu écris plutôt des messages de paix et d’amour?

Justement, il faut que je parle à tout le monde, même les méchants rêvent d’amour. La seule valeur réelle c’est l’amour, c’est d’aimer ses enfants. Je parle du rêve, de la rêverie. J’ai conscience de la force des mots.  Quand je sors une phrase, il y a de forte chance qu’elle soit reprise. Suite aux attentats de novembre 2015, j’ai écrit un message d’amour qui a été énormément relayé par exemple.

Que représente l’art pour toi, aujourd’hui?

L’art pour moi, c’est ce qui m’a permis de chasser beaucoup de démons à l’intérieur de moi. L’art c’est la vie, l’art est la seule chose qu’on ne considère pas comme vitale mais qui l’est pourtant.  J’ai donné ma vie à l’art, c’est pour cela que je suis insociable et misanthrope. J’ai, bien entendu, d’autres passions, je travaillais dans le football par exemple. J’étais entraîneur de quartier. Quand je remarquais quelqu’un de talentueux, je prenais rendez-vous avec des centres de formations. J’y ai amené au moins 10 à 12  joueurs. Je pense que sans eux je n’aurais pas pu créer Jack le Black. À force d’entraîner des champions, ils m’ont rendu champion.

© Alix P.
© Alix Peyrot pour Les P’tits Parisiens

Est-ce que tu peux nous présenter la nouvelle collection?

Je ne peux encore montrer la nouvelle collection. Je peux vous en parler brièvement : j’ai sorti un petit prince qui monte sur une licorne avec un jogging Lacoste, mais aussi une balance avec une arme et un livre où on peut lire « Le savoir est une arme. Le savoir en est une autre ». Il y aura aussi des ballons où il est écrit  « Rêve qui s’envole dans le ciel », c’est très poétique. J’expose mes œuvres du 2 au 18 mai prochain. J’ai aussi signé dernièrement avec Undiz qui a sorti une collection de sous-vêtements jacklemiz le 28 février.

Tu te vois plutôt comme un poète ou comme un créateur? Y-a-t-il une idée que tu souhaites véhiculer à travers tous tes projets?

On me dit que je fais du street-art mais en réalité, je fais ma vie. Je dirais que je suis poète, je dessine, je mets de la couleur et je fais des collages. L’idée que j’ai envie de faire véhiculer à travers mon travail c’est de croire en soi, d’essayer d’être capable de ne pas se laisser cloisonner les yeux. Si un jour tu as un projet, il ne faut jamais lâcher.

© Alix P.
© Alix Peyrot pour Les P’tits Parisiens

As-tu d’autres projets prochainement?

J’ai mon exposition où je présenterai tout mon travail pour cette année, du 2 au 18 mai. Mon autre projet est de sortir un album en septembre. Enfin, j’espère également faire un livre d’ici deux à trois ans et aussi pourquoi pas un long métrage.

Que représente Paris pour toi? Peux-tu nous conseiller un endroit où manger dans la capitale?

En ce moment, Paris a besoin d’être nettoyé. Je suis DJ et je réussis encore à mettre un peu de musique en attendant la fête.

Je conseille d’aller déjeuner à un super bon restaurant tunisien: Chez Bob de Tunis dans le 9ème arrondissement.

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Si vous êtes intéressé par le travail de Jack le Black, nous vous conseillons de visiter son super site internet, c’est ici.

Propos recueillis par Louisa Marteau Rehaz
Photographies d’Alix Peyrot pour les P’tits Parisiens

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