Caroline Anglade : "J’aime ce métier par dessus tout mais j’essaie de trouver mon épanouissement ailleurs"

Caroline Anglade : "J’aime ce métier par dessus tout mais j’essaie de trouver mon épanouissement ailleurs"

Paris Xème - C'est chez elle que nous rencontrons Caroline Anglade. Cette blonde pétillante ne s'arrête jamais. Actuellement en plein tournage du premier film de Franck Dubosc, on la retrouvera à la rentrée sur France 2 dans la désormais célèbre série Lebowitz contre Lebowitz où elle campe le rôle d'Irène. Parisienne, maman, comédienne, son hyperactivité lui permet de viser juste et prouve qu'elle a des choses à dire. Rencontre avec cette comédienne qui répond sans détour.

Peux-tu te présenter ? Que nos lecteurs en sachent un peu plus sur toi !

Je m’appelle Caroline Anglade, je suis née à Châlons-en-Champagne où j’ai grandi jusqu’à mes huit ans. Ensuite, nous avons déménagé à Paris avec ma mère. Après quelques allers et retours dans le sud puis de nouveau dans ma ville natale, je m’installe définitivement sur Paris à l’âge de 14 ans. Aujourd’hui j’habite dans le 10ème arrondissement, un quartier que j’affectionne tout particulièrement. Ah et j'oubliais : je suis comédienne.

Quel a été ton parcours scolaire puis professionnel ?

Mon bac L en poche, je m’inscris à la Sorbonne où je commence un DEUG Arts du spectacle option Cinéma. Je rencontre en parallèle un metteur en scène, (il y aura un avant et un après cette rencontre, une de mes plus belles de ma vie), qui me propose de jouer? dans son petit théâtre parisien? des pièces du répertoire classique : Feydeau, Goldoni ou encore Musset. Ça me prend de plus en plus de temps, je décide alors de me consacrer entièrement à cela et je prends la décision de quitter la fac. Décision que je n’ai jamais regrettée. Pendant plus de trois ans, j’enchaîne les pièces dans ce petit théâtre rue St-Honoré et je fais des rencontres qui marqueront à jamais ma vie de femme et de comédienne. Je commence à faire des pubs, beaucoup de pubs qui me permettront de gagner ma vie et de me laisser du temps pour jouer des pièces rarement rémunérées et de passer des castings. Viennent ensuite les petits rôles à la télé, dans des séries, des programmes courts. Christian Clavier m’offre mon premier petit rôle au cinéma dans son film  On ne choisit pas sa famille. Au théâtre, après de très jolies rencontres avec différents metteurs en scène et de très jolies pièces, je fais la rencontre de Laurent Baffie avec qui je collabore depuis plus de cinq ans. Aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir allier les trois, la télé, le théâtre et le cinéma.

Comment as-tu découvert ta passion ?

Ma maman avait une parfumerie dans le 17ème arrondissement. Un jour, elle y fait la rencontre d’Alain Belmondo, le frère de Jean-Paul. Il deviendra un de ses meilleurs amis et grâce à lui, j’ai eu la chance d’aller au théâtre presque tous les soirs, notamment au théâtre des Variétés où j'ai fait la rencontre de beaucoup de merveilleux acteurs : Jacques Villeret, Pierre Arditi, Claude Brasseur et tant d’autres. C’est en voyant la pièce Thé à la menthe ou thé citron que j’ai eu LA révélation.

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© Martin Lagardère pour Les P'tits Parisiens

En tant que comédienne, quelle est ta journée type?

Quand je tourne, en général, les journées défilent. En ce moment, par exemple, je me lève très tôt, je file sous la douche, je remplis mon thermos de thé, je regarde mon fils de 15 mois dormir paisiblement et je file ! Et le soir, je profite de mon bébé un max avant de le coucher, je dîne, je revois mes textes pour le lendemain et hop au dodo.

Quand je ne tourne pas en revanche, j’en profite pour voir les copines, aller au cinéma, lire, mater des séries (Love, The Walking Dead, Crashing, Black Mirror ), sortir... Il faut que je reprenne le sport à tout prix aussi ! Et puis, je prends le temps de ne rien faire aussi. Avant je culpabilisais grave, maintenant j’adore le concept !

En ce moment, où peut-on voir Caroline Anglade ? 

Je suis en ce moment en plein tournage de la deuxième saison de la série Lebowitz contre Lebowitz dans laquelle je joue au côté de Clémentine Célarié, Michel Jonazs, Cécile Rebboah et Nicolas Grandhomme, une équipe de rêve en somme. Elle sera diffusée aux alentours de novembre 2017. J’y incarne Irène, une avocate qui tente d’allier sa vie d’avocate, de femme et de jeune maman. Je suis sur le point de commencer le tournage du premier film de Franck Dubosc. Je reste discrète car il ne dévoile rien pour le moment, ni de l’histoire, ni de son casting. J’ai également participé au film Bad Buzz de Stéphane Kazandjian avec Eric et Quentin qui sortira en salle le 21 juin. J’y joue au côté d’Olivier Broche, un comédien absolument génial ! J’ai plusieurs projets de théâtre pour la rentrée, j’attends de savoir lequel se concrétisera en premier mais je suis très impatiente de remonter sur les planches. Ça me manque énormément !

Ça te fait beaucoup d’actualités ! D'ailleurs, quel est le genre de rôles que tu aimes le plus jouer ?

J’ai aimé tous les rôles que j’ai joué, du plus lisse au plus sombre mais aujourd’hui j’ai de plus en plus envie d’interpréter des personnages qui ont des failles, des faiblesses, des lacunes. Je me prends souvent d’affection pour eux, je suis en empathie totale. Je leur trouve souvent des excuses même quand je ne devrais pas finalement ! Accepter qu’ils n’aient pas une once de gentillesse me dérange c’est bizarre. Et puis j’aime le réalisme aussi. Je passe beaucoup de temps à essayer de comprendre et d’analyser une émotion, en espérant que je pourrais la reproduire.

Et quels sont ce dont tu es la plus fière aujourd’hui ?

Je ne sais pas si on peut être fière d’un rôle mais en tout cas, il y a des rôles qui marquent. En ce qui me concerne j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer Rita dans Rita, On l’aime ou on la quitte  de Thomas Walch. C’était il y a quelques années maintenant, j’avais l’impression que l’auteur, qui est un ami, avait tout compris de cette femme et je suis tombée en amour d’elle ! Enfin bref, je ne sais pas, j’étais heureuse et émue de la jouer chaque soir ! Il y avait un monologue à la fin, monologue que je relis souvent. Celui d’Irène dans Lebowitz contre Lebowitz me plait aussi et de plus en plus ! Il y a mille choses à jouer, milles intentions, milles émotions, c’est une femme qui tente de trouver sa place, en tant qu’avocate, en tant que femme, en tant que mère ! C’est joli de la voir se débattre. Je suis chiante, non ?

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© Martin Lagardère pour Les P'tits Parisiens

Tu as l'air d’être très entourée et d'aimer ce que tu fais. Quelles sont tes sources d'inspiration au quotidien ? 

Mes amis m’inspirent, énormément ! Je suis entourée de gens passionnants, drôles et fous ! Je suis très admirative et très fan. Souvent quand je joue, je pense à eux ! Dans Lebowitz, par exemple, j’ai pensé à certaines amies lorsque j’ai eu à jouer des émotions fortes, des scènes difficiles. Elles se reconnaîtront je pense, et puis les voyages aussi, les rencontres, les livres, la musique, le théâtre et le cinéma. On peut puiser partout et tout le temps ! Le monde est source d’inspiration...

Quel est ton rapport au métier de comédienne ?

Un rapport assez sain je pense. J’aime ce métier par dessus tout mais aujourd’hui j’essaie de trouver mon épanouissement ailleurs aussi, car ce métier peut  engendrer de grande déceptions et de grandes frustrations. Il faut savoir prendre du recul pour ne pas angoisser tout le temps. Il fait parti d’un tout mais ce n’est pas « tout » ! Devenir maman m’a aidée, on se détache enfin un peu de soi, c’est pas mal ! J’essaye de ne pas trop me projeter et je fais confiance à la vie qui n’a jamais fini de nous surprendre.

As-tu, un jour, pensé à tout lâcher, changer de vie, recommencer à zéro dans un autre domaine ?

Pas vraiment, j’ai eu et j’ai encore de gros moments de doute et d‘angoisses, tout ça peut être vertigineux parfois ! Mais je me suis toujours accrochée très fort à mes envies, à mes croyances ! En revanche, j’ai des envies de scénarios, de romans, j’ai souvent envie d’écrire, j’ai toujours plein d’idées qui me viennent, j’ai des petits carnets ou je note des trucs, des débuts d’histoires, tout ça, mais j’ai beaucoup de mal à oser... A assumer ! Je me dis que c’est nul et je passe à autre chose ! Un jour viendra peut-être.

© Martin Lagardère pour Les P'tits Parisiens
© Martin Lagardère pour Les P'tits Parisiens

Si tu devais donner un conseil à des gens qui n’osent pas se lancer et vivre de leur passion, ça serait ?

Je leur dirais de foncer bien-sûr, de tout tenter, d’oser, c’est trop dur de vivre avec des regrets. Il faut être assez passionné pour gérer les moments de galère et de vache maigre mais si ça vibre et que ça bouillonne à l’intérieur alors il faut y aller. Et puis, la vie, le temps, les expériences apporte les réponses ! « Invente-toi, dérange toi, prends des risques, toute chute t’enseignera des choses utiles, ne serait-ce que te relever et la suite te guidera ». C’est d’Aznavour ! Il a raison non ?

Tu as des projets pour demain ? 

J'ai commencé le tournage du premier film de Franck Dubosc, « Tout le monde debout ». Je serai également aussi au casting de « Le rêve Français » de Christian Faure qui sera aussi diffusé à la rentrée sur France 2. Et puis je croise les doigts pour être au théâtre en septembre !

Que représente Paris pour toi ?

Paris, c’est déjà mon rêve de petite fille. Merci maman de l’avoir réalisé ! Et puis c’est l’effervescence, la jeunesse, les études, les séances de cinéma, les rues, les avenues, les boulevards, le théâtre, les amis, la culture, l’art, la fête, les apéros, la ville natale de mon enfant, mes plus belles rencontres !

Serais-tu prête à partager tes secrets et à nous donner un lieu où tu aimes dîner ? Un autre où tu boire un verre ?

Quand je me balade en scooter, je me dis souvent, tiens je connais mal ce quartier mais c’est trop joli, j’ai envie de venir déjeuner ou dîner là ! Paris regorge d’endroits canons ! On n’a jamais fini de découvrir de nouveaux lieux ! Dans le 10ème où je vis, je vais me poser au Grand Marché Stalingrad à côté des cinémas MK2, sur les quais de seine et de Loire. J’adore cet endroit, particulièrement le soir, on dirait une petite guinguette ! Dans le 18ème chez Marcel, avenue Junot pour les brunch. Une amie m’a fait découvrir le Klay aussi, une salle de sport où il y a un restaurant assez cool et l’endroit est super joli ! Mon QG préféré reste le petit bar tabac en bas de chez moi ou je bois un petit café très régulièrement, rue du faubourg Saint-Martin. Il y a une vraie vie de quartier dans ma rue, je pourrai presque sortir en chaussons mais bon je le ferai dans 60 ans !

Propos recueillis par Louisa Marteau-Rehaz

Photos : Martin Lagardère

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