Antoine Gouy: « Le métier de comédien se nourrit de tous les supports. »

© Les P'tits Parisiens

Niché dans le Parc des Buttes Chaumont, le Pavillon Puebla est un endroit chaleureux et cosy qu’Antoine Gouy a choisi pour nous rencontrer. À l’affiche actuellement dans « Bienvenue au Gondwana » de Mamane et dans « Monsieur et Madame Adelman » de Nicolas Bedos, il s’impose comme une figure montante du cinéma. Il a accepté de tout nous dévoiler, ou presque et voici donc une belle histoire d’amour avec la comédie qui a commencé sur les bancs de l’école…

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Antoine, acteur, bélier ascendant cancer. J’ai 36 ans, je viens de La Turballe, près  de Guérande en Bretagne.

© Martin Lagardère pour Les P’tits Parisiens

Parlons-nous un peu plus de ton parcours :

J’ai débuté le théâtre très tôt, j’ai joué pour la première fois à l’âge de 13 ans. J’ai commencé à faire du théâtre à l’école puis au sein de différents ateliers. J’ai même pris des cours dans un théâtre de Saint-Nazaire. Puis, j’ai participé par la suite à plusieurs pièces de théâtre, dont un projet européen qui m’a donné l’envie définitive de faire de la comédie mon métier. Après le bac, on a constitué une troupe de théâtre musicale avec des amis du lycée, le Théâtre des Cerises, une compagnie qui existe toujours à Nantes.

Tout te prédestinait donc à devenir comédien !

Oui c’est vrai ! Mais pas tout à fait, étant fils d’enseignants, il était très important aux yeux de mes parents d’avoir un diplôme. J’ai, dès lors, effectué des études de graphisme et j’ai obtenu un BTS communication visuel à Paris. Mon diplôme en poche, le démon de la scène a repris ses droits sur ma vie et je me suis finalement dit qu’il était temps que je vole de mes propres ailes. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai été pendant six mois au cours Florent. Soudain, j’ai eu un déclic, je me suis dit : « pourquoi pas moi ? », et je me suis inscrit au concours du Conservatoire National. C’était reparti pour une autre vie, trois ans d’études marqués par beaucoup de belles rencontres, comme Jonathan Cohen, qui est depuis un de mes meilleurs amis.

© Martin Lagardère pour Les P’tits Parisiens

Tu es, cette année, à l’affiche de quatre films parmi lesquels « Bienvenue au Gondwana » sorti très récemment. C’est assez exceptionnel,  décris-nous ces expériences ?

Ce sont des histoires toutes très différentes. Par ordre chronologique, Primairesorti le 4 janvier dernier, est un film qui me touche particulièrement puisqu’il traite de l’école et en tant que fils d’instituteurs, j’ai pu retrouver des émotions que j’avais côtoyées enfant: rester en salle de classe à la fin de la journée, attendre que mes parents terminent leurs corrections, traîner dans les couloirs ou encore dessiner sur les tableaux. J’y ai tout à fait retrouvé cette couleur. Ce film rend un très bel hommage à l’école. La rencontre avec la réalisatrice Hélène Angel a été superbe, elle m’a confié un rôle dramatique et sensible à la fois.

Si j’étais un homme, sorti le 22 février, met en scène une femme fraîchement divorcée qui va se retrouver dans la peau du sexe opposé. Il s’agit de ma première collaboration avec la réalisatrice Audrey Dana et l’actrice Alice Belaïdi. Ce tournage a été l’occasion de faire  plusieurs rencontres fabuleuses. Je suis admiratif de la façon dont Audrey Dana dirigeait son plateau, sidéré par l’énergie qu’elle déployait, par sa réflexion sur son rôle qui n’était pas du tout évident et par sa précision. Elle savait pertinemment où elle voulait aller, un bonheur de partenaire, un bonheur de direction.

Je suis tout simplement heureux  d’avoir participé à Monsieur et Madame Adelman, un film sublime sur le couple, en salle depuis le 8 mars, que je trouve magnifique et bouleversant. J’ai eu la chance d’avoir eu une réelle et immédiate connexion artistique avec Nicolas Bedos. On adorait parler de mon rôle, on se nourrissait l’un de l’autre. Je pouvais improviser et proposer beaucoup de choses et il était toujours preneur.

Mon dernier film, « Bienvenue au Gondwana », sorti le 12 avril, c’était vraiment la grande aventure ! J’ai fait deux mois de tournage en Côte d’Ivoire à Abidjan et Yamoussoukro. J’ai eu la chance de faire une rencontre extraordinaire. Mamane, le réalisateur, est un homme d’une classe folle, qui m’a appris à aimer l’Afrique. D’ailleurs, j’ai foulé pour la première fois le sol ouest-africain grâce à ce film et c’était dingue de se plonger aussi longtemps dans cette région et sa culture, aller à la rencontre des Ivoiriens. Mamane a fait preuve d’une confiance totale envers moi pour son premier passage derrière la caméra. J’éprouve beaucoup de tendresse pour mon rôle, pour ce personnage un peu lunaire, qui reste sur ses acquis avec son regard de Français sur l’Afrique. C’est un jeune idéaliste qui arrive avec toute sa naïveté dans ce pays imaginaire, le Gondwana, et qui va découvrir à travers les yeux d’une jeune rebelle, Prudence Maidou, l’envers du décor politique qui peut faire penser à d’autres républiques africaines.

On peut dire que 2017 est une superbe année pour toi, une année riche en cinéma. Le grand écran te fait-il davantage vibrer que le théâtre?

C’est une question assez compliquée car selon moi, le métier de comédien se nourrit de tous les supports. J’adore me faire une piqûre de rappel sur les planches. C’est vrai que je fais moins de théâtre ces dernières années car ce n’est pas évident de lier les calendriers. Ma dernière aventure théâtrale remonte à quelques années avec le Conte d’Hiver de Shakespeare, une merveilleuse mise en scène en musique avec une dizaine de comédiens. Ce que j’aime dans le théâtre c’est la prise direct avec le public, voir les réactions de ce que je fais sur l’instant. J’espère y revenir très bientôt, on en a envie avec mes amis du métier, notamment avec la bande de Casting, la shortcom télévisée française créée par Pierre Niney et Ali Marhyar. J’ai fait beaucoup de théâtre en sortant du Conservatoire. C’était une période passionnante mais j’ai eu cette envie de tourner au cinéma. J’ai donc prié ma bonne étoile et un beau jour, elle a fini par se manifester!

© Martin Lagardère pour Les P’tits Parisiens

Tu as également joué dans plusieurs séries, n’est-ce pas?

Après avoir travaillé un an en tant que comédien permanent au côté de Julie Brochen au Théâtre National de Strasbourg, je suis rentré à Paris. L’envie d’être derrière la caméra m’a repris et j’ai donc enchainé les tournages de séries. J’ai travaillé notamment avec OCS, la chaîne d’Orange, qui crée des séries originales dans le cadre d’OCS Signature. J’ai joué dans une série sur la Seconde Guerre mondiale, mais aussi dans une série western Templetown. Il y a aussi la série FranceKbek coréalisé par Jonathan Cohen et Jérémie Galan, la plus folle du paysage audiovisuel. C’est réellement à mourir de rire, c’est indescriptible, il y a une liberté totale. Et puis, bien sûr, je suis dans la troupe de Casting.

Tu joues la comédie et tu aimes également la mise en scène. Tu n’aurais pas encore une autre corde à ton arc par hasard ?

J’adore chanter, d’où mon attrait pour le théâtre musical car je chante énormément depuis tout petit. J’ai une voix de ténor et de contre-ténor. J’utilise le chant en tournage ou sur scène aussi. D’ailleurs j’aurai dû me présenter en tant que « acteur-chanteur » ou chanteur contrarié !

Quels sont tes futurs projets ?

J’ai un énorme désir de comédie musicale qui traîne dans mes carnets depuis des années. Dans mon entourage, il y a beaucoup de gens intéressés et motivés par un tel projet. J’y réfléchis encore et j’espère bien l’entreprendre avec eux. Côté comédie, il y a la saison 2 de la série Tank  que nous allons tourner à Séoul. J’ai deux autres projets prévus pour la rentrée mais je ne peux pas trop en parler !

© Martin Lagardère pour Les P’tits Parisiens

Comme à notre habitude, on aime conclure sur un petit mot sur Paris…

Je suis arrivé à la fin de mes études de graphiste dans une ville qui m’était totalement étrangère. C’était complètement délirant ! Ce sont finalement les Parisiens qui m’ont fait aimer Paris. Aujourd’hui, je pense pouvoir dire que je suis Parisien. Cette impression d’être toujours étranger est drôle et curieuse à la fois car tu crois que tout le monde vient de Paris alors qu’en fait, tout le monde est étranger.

De tous les arrondissements de Paris, j’ai quand même une préférence pour le 19ème  arrondissement. J’ai une passion pour les Buttes Chaumont qui est selon moi le plus beau parc de Paris. J’aime y flâner, y rêver, y lire. J’aime l’observer à toute heure du jour. J’ai également une passion pour le bassin du Parc de la Villette. J’ai besoin des cours d’eau, je me fais rattraper par mes origines bretonnes !

Pour aller boire un verre, je conseille le Pavillon Puebla des Buttes Chaumont parce que j’adore y passer du temps surtout pendant les beaux jours. Il y a aussi le Rosa Bonheur que j’aime beaucoup. Pour dîner, le Wanted est un petit restaurant italien au Marché Secrétan que je recommande. A part dans le 19ème, on me retrouve souvent dans le 9e arrondissement avec les copains.

Propos recueillis par Alexia Cavillot
Photos pour Les P’tits Parisiens: Martin Lagardère.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la filmographie d’Antoine Gouy, cliquez ici.

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