Raphaële Marchal: « Jamais de ma vie je ne me serais imaginée à mon compte à 23 ans. »

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Raphaële Marchal est une véritable touche à tout. Si vous êtes un foodie, vous la connaissez certainement déjà. Journaliste gastronomique,chez « Fou de Pâtisserie », « Fou de Cuisine » et « Le Fooding », rien que ça. Elle est également bloggeuse, organisatrice d’événements culinaires et même professeur de communication en gastronomie. Elle vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc avec la parution de son premier livre « À la folie » au sein duquel elle a réuni la crème de la crème des pâtissiers et leurs gâteaux signatures de Cédric Grolet à Mori Yoshida , en passant par Christophe Michalak pour ne citer qu’eux.

La lauréate du Golden Blog 2014 avec « En rang d’Oignons » nous raconte comment tout s’est accéléré depuis ce prix et se dévoile pour Les P’tits Parisiens.

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Raphaële Marchal par Alix Peyrot pour Les P’tits Parisiens

Raphaële est un peu tombée par hasard dans la gastronomie après un stage de 3ème chez Caius de Jean Marc Notelet : « C’était le copain d’un copain de mes parents. Coup de foudre. J’ai adoré l’odeur, l’ambiance le matin et le moindre truc qu’il me donnait à faire. Il m’a dit qu’il avait essayé de me dégoûter en me donnant plein de tâches ingrates, plein de légumes à éplucher. En fait, pendant une semaine mes yeux brillaient»

Petit à petit, l’envie prend et le désir d’embrasser une possible carrière en cuisine commence à pointer le bout de son nez. Pour cette francilienne qui ne vient pas du tout de ce milieu, cette première approche dans la gastronomie n’a pas fait l’unanimité : « Ce n’est pas du tout l’univers dans lequel j’ai grandi. J’ai commencé à dire à mes parents qu’une école hôtelière me tentait. Mais ils n’ont qu’une fille et eux rêvaient qu’elle soit avocate, écrivain… Ma mère me disait que je pouvais continuer la cuisine en hobby. »

Direction l’ESSCA à Angers pour un Master « Entrepreneuriat » mais si Raphaële n’est pas une énorme bosseuse, comme elle nous le confesse, elle commence déjà à multiplier les activités: « Association de cuisine, journal de l’école, liste BDE, même une association de golf alors qu’on n’a fait aucun parcours en 5 ans» énumère-t-elle. La suite se passe aux Pays-Bas en Erasmus mais la cuisine n’est jamais très loin. Elle a commencé son aventure dans l’événementiel, chez des traiteurs haut de gamme : « J’ai travaillé chez Potel et Chabot puis j’ai fait mon stage de fin d’études chez Butard Enescot. J’ai été embauchée puis je suis restée 2 ans en tant que Chef de projet. » explique Raphaële.

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Raphaële Marchal par Alix Peyrot pour Les P’tits Parisiens

C’est à ce moment-là qu’elle lance son blog « En rang d’oignons » où elle raconte ses escapades culinaires tout en légèreté du restaurant étoilé au Foodtruck. Ça marche, puis, petit à petit, elle se fait un nom jusqu’au moment où cela prend une autre dimension avec la victoire du Golden Blog Award catégorie « food » qui marque un véritable tournant. De là, tout s’enchaîne avec les premières sollicitations prestigieuses: « Le guide Michelin m’a appelé pour m’occuper de leur webzine, ça a duré 4 mois : écrire, tourner des vidéos, dormir dans des hôtels et faire des photos. J’ai trouvé ça trop bien. Après, il y a eu les premiers voyages de presse, les premières propositions de piges. Du coup, il fallait bien que je facture puis que je construise une structure. »

Du plaisir en somme, mais aussi beaucoup de changements pour cette jeune femme qui était loin d’imaginer établir son plan de carrière dans le domaine de la gastronomie, bien au contraire. « Moi, je ne suis pas une aventurière. Jamais de ma vie je me serais imaginée avoir une boite à 23 ans même si je n’ai pas fait d’emprunt ou que je n’ai pas de salariés. Mon rêve, c’était un CDI et me faire des restaurants, des weekends et acheter des salopettes. » nous confie-t-elle.

Mais tout semble aller très vite. Raphaële n’en oublie pas cependant de prendre son temps et d’avancer pas à pas dans ce milieu où, parfois, elle ne se sent pas encore complètement légitime. Mais grâce à sa persévérance et des rencontres, de celles qui vous élèvent et vous emmènent là où vous devez être, elle sait s’imposer. Elle nous raconte: « Hélène Luzin de «Marques et Chefs» a été la première à me dire que je pouvais y arriver toute seule et m’a dit que j’aurais mon entreprise. Aujourd’hui je ne fais rien sans elle . Il y a aussi Julie Mathieu, la rédac chef de « Fou de Pâtisserie » avec laquelle je travaille actuellement. C’est grâce à ces magazines que j’ai été repérée pour écrire mon livre ».

Pas de plan de carrière, le hasard s’en charge même si elle admet qu’il est quelques fois, nécessaire de provoquer un peu le destin: « J’ai envoyé une chronique test au « Fooding » ils m’ont dit ok, j’ai donc commencé par la banlieue, à manger des couscous à Kremlin Bicêtre, à prendre 12 bus différents. Après ils m’ont annoncé une grande nouvelle: je pouvais enfin tester des adresses à Paris puis après la province aussi. »

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Raphaële Marchal par Alix Peyrot pour Les P’tits Parisiens

Le risque pris s’avère payant. Parallèlement à tout ça, la francilienne ne délaisse pas un de ses autres talents : organiser des événements. Même si c’est de manière hyper naïve comme le tout premier qui s’appelait « Quand les chefs pêchent mignon » où elle a convaincu 30 chefs de venir avec 50 exemplaires de leur pêchers mignons gratuitement : « Je n’avais plus de budget après le lieu et le service. Ils sont tous venus ! Je me rends compte qu’aujourd’hui je n’oserais peut-être pas faire ça. J’ai écrit à Cyril Lignac, que je n’avais jamais vu de ma vie et il est venu en personne avec 50 éclairs au caramel. En fait, je ne me suis pas rendue compte que c’était dingue parce que je n’avais jamais travaillé dans ce milieu, je ne connaissais personne donc j’ai fait les choses simplement ».

Un baptême plus que réussi et cela donne des idées à certains qui n’ont pas hésité à contacter la foodie en salopette pour gérer leurs événements. Tel qu’Heineken pour qui elle organise un dîner de presse ou même la Paris Fashion Week. « Ils voulaient faire un restaurant éphémère c’était trop drôle. On avait Taku Sekine (Dersou), Stéphane Jego (L’Ami Jean), Guillaume Sanchez (Nomos) donc trois profils marrants et totalement différents, on s’est vraiment éclatés. »

L’aventure est en marche et elle prend un autre virage. Il y a quelques mois, les éditions Tana la contactent pour sortir un livre sur les gâteaux, la bloggeuse devenue journaliste va se transformer en auteure. Étonnant à première vue puisque Raphaële n’est pas une grande fan du sucre comme elle nous le souffle : « Le matin je mange du camembert et du bleu d’Auvergne. Si, j’ai faim à quatre heures je préfère quinze fois une bière et de la charcuterie qu’un pain au chocolat. Je déteste les viennoiseries. » Tout le paradoxe et le talent résident là, car si elle ne mange pas de gâteaux au réveil, la pâtisserie et les chefs l’inspirent d’autant plus : « Je ne peux pas l’expliquer, mais j’adore écrire sur les gâteaux. J’adore la manière dont les pâtissiers racontent un gâteau. Ça se mange avec les mains et à n’importe quelle heure. Il se passe quelque chose et justement « Fou de Pâtisserie » ça se passe bien parce que c’est tout ce que j’aime : des gâteaux et des chefs. »

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Si sa palette semble déjà assez étoffée, la souriante Raphaële aspire secrètement à un rêve : « Avoir une émission un peu comme «Le Petit Journal » mais qui parlerait de la nourriture. Ce serait quotidien : 45 minutes, on recevrait n’importe qui, un producteur de carotte, une nana qui ferait des bananes à la braise, un gars qui a sorti un super bouquin. Il y aurait des petits reportages et des blagues. Je me rends compte que je m’éclate vachement dans tout ce qui est animation vidéo, tournage. » En résumé un objet télévisuel inédit en France où la gastronomie, sous toutes ses formes, serait mise à l’honneur. C’est tout le mal qu’on souhaite à la désormais néo-parisienne. « Depuis Juillet, je suis à Paris. C’est la première fois que j’ai une adresse qui commence par 75 mais c’est surtout une sacrée joie de se lever et d’être à Montmartre, ça représente la nouvelle vie pour moi.»

En attendant, on vous invite à retrouver Raphaële Marchal dans « La crème des crèmes » sur SuperBon by Minute Buzz pour découvrir les chefs pâtissiers de son livre et leurs fameux gâteaux signatures avec dans le dernier épisode un certain Christophe Michalak, par .

Son livre, par ici.

Ses bonnes adresses :

Brunch : Dersou

Déjeuner : Les Arlots

Gouter : Mokonuts

Diner entre potes : Le Tagine

Boire : La Cave à Michel

Propos recueillis par Marvin Jouglineu

Photos pour Les P’tits Parisiens: Alix Peyrot

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