La Baraque A. : comme à la maison.

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Paris 10ème – Dimanche début de soirée, le soleil tombe doucement sur la Canal Saint-martin. Les bars commencent à baisser les rideaux de fer, mais un subsiste : La baraque A. C’est Djamila, la propriétaire qui nous accueille en son sein, bas de survêtement et un verre de thé à la main. « Je suis à l’arrache mais je mets toute ma vie dans cet endroit, ne m’en veux pas ».

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Jamila a créé ce lieu il y a un an et demi. «J’étais dans une cité, puis dans un bureau et j’ai décidé de fuir. J’ai donc voyagé pendant quatre ans dans le monde entier.» En revenant, elle veut se créer un travail sur mesure, des horaires à sa convenance et surtout aucun patron pour la rappeler à l’ordre. « Je suis revenue de ce voyage et je n’avais plus d’argent en poche alors pendant deux ans j’ai tout mis en œuvre pour ouvrir ce lieu. » Elle repère une boutique fermée depuis quinze ans, elle passe tous les jours devant jusqu’au jour où elle réalise que ce lieu l’attendait. Elle monte un dossier de financement, fait des formations avec la ville de Paris et un an après les clés lui appartiennent. Même si dans un premier temps, elle a ouvert un petit coffee shop avec café et cupcakes, la demande ayant évoluée, son lieu est devenu un bar de quartier avec Leffe et ricard.

jamila4Pour la décoration, pas de chichi, Jamila a fait les encombrants de la ville. « J’ai assemblé comme j’ai pu ». Des mots écrits à la craie jonchent le sol mais aussi les murs. On a comme l’impression que ce lieu est une page sur laquelle on peut tous crier nos envies. C’est un lieu simple mais libre et il permet de se réunir au-delà de la rapidité de nos vies. On s’y pose et on en repart seulement quand on n’a plus le choix. « Je veux organiser des événements, prêter aussi ce lieu à des gens qui en ont besoin les jours de fermeture » nous explique-t-elle.

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Du côté du menu, le fait maison est l’obstination de la propriétaire. Mais surtout mis à part le vendredi, jour du « Couscous de la mama », le menu n’est jamais défini à l’avance. Jamila cuisine selon son envie et selon ce qu’elle a dans son réfrigérateur. Mais ses produits sont toujours frais: «Je vais au marché et je n’ai aucun souci à travailler mes restes, je ne gaspille rien. »

jamila5Des clients sont posés sur la terrasse, un vide-dressing vient d’avoir lieu d’un côté et de l’autre des familles du quartier terminent leurs brunchs. Les enfants dessinent sur le macadam et les adultes refont le monde autour d’un verre ou alors autour d’un bon thé à la menthe fait par la patronne. La clientèle y est fidèle. Des personnes de toutes catégories sociales mais surtout des personnes curieuses. Et c’est ce qui plait à Djamila qui se bat pour créer de la mixité au sein de son trente mètres carrés. Tout le monde peut entrer ici en étant sûr de repartir le sourire aux lèvres.

img_4275Paris pour elle c’est magique mais surtout tout y est possible. Quand elle n’est pas en train de préparer à manger pour ses clients, Djamila déjeune souvent dans un restaurant mexicain El Nopal: « c’est toujours frais, c’est toujours bon et t’es toujours bien accueilli. » Elle se rend aussi souvent au Pink Flamingo, dont le propriétaire, selon elle, est une perle.

Propos recueillis par Louisa Marteau-Rehaz

Pour suivre l’actualité de ce bar, c’est par ici.

[box]La Baraque A.
31 rue Juliette Dodu
75010 Paris
Réservation: 01.40.35.46.51[/box]

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